samedi 4 août 2007

CINE : RATATOUILLE



Pourquoi Ratatuetouille ?

- parce que le grand Brad Bird (Les Simpson, Le géant de fer, Les Indestructibles) réalise

- parce que le scénar est conçu comme une montre suisse (du pur Pixar)

- parce que c'est à crever de bonheur tellement c'est parfaitement rythmé

- parce que le sous-texte est intéressant : le héros est un rat, créature redoutée et rejetée, métaphore des minorités, des opprimés, des immigrés... En quittant son milieu social, il se retrouve coincé entre un nouveau statut qu'il n'arrive pas à faire reconnaître et des origines pauvres qu'il est tenté de renier, non sans culpabilité... Bourdieu aurait apprécié !

- parce que le film sait rendre convaincantes et drôles les idées les plus improbables sur papier - qui d'autre que Bird pourrait nous faire croire à un rat qui dirige précisément les gestes d'un apprenti cuisinier en lui tirant les cheveux, caché sous sa toge ?

- parce que la mise en scène est virtuose : pendant une dizaine de minutes, au début du film, des travellings incroyables suivent le héros, emporté à travers les canalisations par les eaux des égoûts, parcourant des plafonds d'appartements sous lesquels des tranches de vie se dévoilent, échappant à mille dangers dans un restaurant, découvrant les toits de Paris qui se déploient soudainement devant lui... Le héros court continuellement d'un endroit à un autre, les lieux et événements s'enchaînent, et cette fluidité jubilatoire, ce torrent de maestria happent irrésistiblement le spectateur. Comme si Brad Bird avait filmé la fusion ultime entre les meilleurs jeux de plate-forme et d'aventure, et les manèges les plus spectaculaires et narratifs.

- parce que c'est beau à en mourir. Le réalisme chatoyant des éclairages, des matières, des couleurs, les effets de mise au point... On est presque tenté de tendre les bras en espérant toucher l'univers du film.

Qui n'aime pas Ratatouille a donc un petit coeur froid, sec et rabougri.

2 commentaires:

Gersende a dit…

Alors, juste en passant, deux précisions...

> 'Les Simpson' ça ne prend pas de "s" final lorsque c'est francisé -comme n'importe quel nom propre américain, d'ailleurs. Par contre, 'The SimpsonS', oui. Quand cette règle va-t-elle être respectée ? :P

> et surtout, "qui d'autre que Bird pourrait nous faire croire à un rat qui dirige précisément les gestes d'un apprenti cuisinier en lui tirant les cheveux, caché sous sa toge" > Simplement Jan Pinkava, déjà réalisateur du fabuleux court-métrage le Joueur d'Echec, qui a très longtemps été aux rênes du projet. C'est seulement après moult complications -le film développant plusieurs intrigues parallèles ingérables- que le projet a été récupéré par Brad Bird bien après la mise en chantier de Ratatouille... mais tu devais déjà être au courant de cela, non ? Impossible quoi qu'il en soit de lui accorder tout le bénéfice de cet improbable script.

A part ça tu as tout à fait raison, Ratatouille c'est très chouette. En-deçà du meilleur Pixar, l'encore et toujours indétrônable Toy Story 2, mais extrêmement sympathique et réussi à tous les niveaux. Glop glop.

Blog l'éponge a dit…

Ouep, je savais pour Jan Pinkava. Mais je ne parle pas du script, je parle de la manière dont Brad Bird nous fait avaler, par la seule grâce de la narration et de l'animation, des trucs qui ne fonctionnent pas du tout dans un scénario écrit ^^ Alors à moins que Pinkava ait déjà storyboardé, dans sa propre version du film, les scènes d'apprentissage de contrôle par les cheveux (haha), tout le crédit de ces scènes revient à Bird et ses animateurs.

Sinon je vois pas du tout de quoi tu parles pour Les Simpson (et la touche edit de mon blog non plus).

Et puis tout le monde sait que les meilleurs Pixar sont, en plus de Toy Story 2, Monstres et Cie (mais qu'il est beau ce dernier plan) et Némo (pour le souffle épique unique chez Pixar) :o)